Jeudi dernier, à Moulins, il y a eu une manifestation qui était un événement sans en être vraiment un. Cet événement fera sûrement la colonne des "faits divers" du journal local. Mais, si l’on prend une loupe grossissante et nous faisons un retour vers le passé, on peut s'apercevoir que cet événement est assez majeur.
Il y a 30 ans, en effet, Jacques Mouclier, qui travaille alors avec le gouvernement Français sur la revalorisation du travail manuel, a été, par sa seule volonté, créer une école professionnelle à Moulins pour former et créer des Maîtres Verriers et des Cristalliers.
C'est l'époque où on voulait faire de la France un pays de diplômés, un pays d’Enarques, un pays où on ne voulait plus rien faire produire par des ouvriers. On privilégiait les intellectuels, et on faisait sous-traiter à l’étranger, le vrai travail celui de nos ouvriers très spécialisés.
Jacques Mouclier, qui quittait alors ses fonctions de Président de la Cristallerie et des Métiers d’Art pour la Chambre Syndicale de la Haute Couture, arrive, comme il se plaît à le dire, dans un cénacle endormi.
Il compris très rapidement que la Haute Couture était un enjeu majeur en difficulté, et qu'il fallait la protéger, car elle était le patrimoine immatériel de notre beau pays.
Il y a 30 ans, il avait déjà compris qu'il fallait sauvegarder ses petites mains de maître qui devenaient au fur et à mesure des mois de formation et des années, les vrais maîtres d’Art de la Haute Couture.
Il encourage les grandes maisons à garder leur savoir-faire et à conserver la Haute Couture. Avec l'aide du gouvernement Français, il fait opposition à la vente de Courrège Scherrer, et de bien d'autres...
Vraiment, quel visionnaire ! Car, il y a 30 ans, il avait compris qu'un verrier ou un ouvrier cristallier, qui met 30 ans à acquérir ce savoir-faire, doit être protéger au risque de voire son expertise disparaître. Savoir-faire qui aurait disparu avec le rêve de Louis XIV, en demandant à son Ministre Colbert de faire venir des verriers vénitiens aux Cristalleries Royale de Champagne pour produire les cristaux qui sont encore aujourd’hui à Versailles
Alors, Monsieur Mouclier, cette "Halle de la Verrerie" en votre honneur, est non seulement méritée, mais aussi elle nous honore de vous rendre justice de votre abnégation pour cette profession.
Un visionnaire me direz-vous. Oui, je vous le dirai, l'amour d’un métier est visionnaire. Il voit la divine perfection du travail à accomplir au delà des apparences auxquelles le regard des autres s'arrête.
La couture n’en fera jamais autant pour vous et, cela est bien dommage. Mais, quand on parle de reconnaissance, elle est la maladie du chien non transmissible à l’homme.

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